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Qu'est-ce que le génie industriel ?
Le génie industriel s'intéresse à l'étude des organisations industrielles et à l'amélioration des processus qu'elles mettent en oeuvre. Dans une approche systémique large, un processus est un ensemble d'activités, utilisant des ressources, qui transforment des éléments entrants en éléments sortants. Ces processus peuvent être physiques (transformation de matières premières en produits finis), informationnels (traitement de données pour en extraire une information utile), décisionnels (collecte et traitement d'informations en vue de prendre une décision).
Dans cette approche systémique, les organisations industrielles elles mêmes (entreprise manufacturière, société de service, hôpital, etc.) peuvent être schématisées comme des processus de haut niveau qui :
- puisent certains entrants (matières, énergie, services) dans leur environnement,
- transforment ces entrants en produits et/ou services en combinant le travail et les compétences de leurs employés et de leurs équipements, avec comme objectif la satisfaction d'un client.
Cette transformation, en ajoutant un plus aux entrants est créatrice de valeur ajoutée. La forme et par suite la mesure de la valeur ajoutée varie d'une organisation à l'autre. La valeur ajoutée d'un service d'urgence comporte une dimension d'utilité publique et ne peut se ramener à un chiffre en euros. Mais, généralement, les organisations considérées sont des entreprises industrielles dans un environnement marchand : la valeur ajoutée se mesure simplement en comparant la valeur monétaire des entrants et des sortants. C'est cette valeur ajoutée que taxe l'état. C'est elle aussi qui mesure la richesse d'une nation (le PIB est la somme des valeurs ajoutées de ses entreprise).
Par nature, les problématiques abordées en génie industriel sont des
problématiques industrielles. Or, force est de constater que depuis les
années 1950, le monde industriel dans son ensemble a été et reste
soumis à des mutations très fortes, principalement dues :
- Au renversement du rapport entre l'offre et la demande.
- À la mondialisation et la globalisation de l'économie.
- Aux mutations techniques et technologiques.
- À l'importance croissante des systèmes d'information dans la gestion et le management des entreprises.
- Pour la plupart des secteurs industriels, les capacités mondiales de production dépassent largement ce que le marché peut absorber. Par suite, on passe d'une économie de production où les clients achètent ce que les entreprises produisent de manière standard, à une économie de marché où les entreprises doivent répondre à des demandes clients personnalisées et de moins en moins prévisibles. Cette concurrence exacerbée pousse les entreprises à innover de manière continue et à renouveler leurs offres à un rythme accéléré. Les délais de mise sur le marché ainsi que les cycles de vie des produits deviennent toujours plus courts. De leur coté, les clients se montrent toujours plus informés et exigeants. La concurrence se joue tout autant sur les coûts, la qualité, les délais ou la capacité d'innovation.
- Dans un contexte de globalisation, l'émergence des pays nouvellement industrialisés à bas salaires et à fort potentiel de croissance, corrélée à la faiblesse relative des coûts de transport favorisent les délocalisations et/ou l'arrivée de compétiteurs étrangers. Ces délocalisations ont tout d'abord frappé les produits ou services à faible valeur ajoutée, ceux dont le prix de revient était du pour l'essentiel à la main d'oeuvre (textile, centre d'appel téléphonique, tests dans les développements informatiques) et les productions de masse (jouet). Aujourd'hui, elles concernent aussi les productions faisant appel à de hautes technologies bien maîtrisées ou facilement maîtrisables (micro électronique). Dans ce contexte, la pérennité de l'activité industrielle et de l'emploi sur les territoires nationaux et régionaux devient un des enjeux majeurs.
- Les évolutions technologiques sont de plus en plus sophistiquées, coûteuses et difficiles à dominer. Les entreprises n'ont plus les moyens financiers et humains pour rester compétentes et innovantes sur l'ensemble des technologies qu'elles utilisent. De manière générale, les grandes entreprises sont contraintes de se recentrer sur ce qu'elles font le mieux (leur coeur de métier) et de puiser à l'extérieur les compétences qu'elles n'ont plus. Par suite, elles s'organisent en réseaux (on parle alors d'entreprises étendues ou virtuelles). Les petites entreprises de leur coté sont contraintes à s'organiser et à coopérer entre elles (réseaux d'entreprise, Systèmes Productifs Locaux, Cluster...).
- Avec la montée en puissance des ordinateurs, la complexité croissante des informations à prendre en compte, on constate que la gestion de l'information prend une place croissante dans les statégies industrielles (logiciels MRP puis ERP, APS, CRM...). De nouveaux modes de commerce apparaissent : commerce électronique via Internet (B2B et B2C), places de marché ou enchères électroniques.
Les problématiques de recherche en génie industriel évoluent avec celles de l'industrie. Globalement, les centres d'intérêts se sont déplacés :
- de l'atelier de production à la gestion globale des chaînes logistiques (Supply Chain Management),
- du technique (automatisation des machines) à l'informationnel (mise en place d'ERP et d'APS),
- de
l'achat et de la sous-traitance à moindre coût de pièces conçues en
interne à la sélection de partenaires ayant des compétences et des
savoir-faire qu'on ne possède plus.
C'est dans ce contexte que le centre génie industriel de l'école des mines d'Albi-Carmaux situe ses activités de recherche et d'enseignement.
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