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Gestion des flux en production et dans les réseaux logistiques
La production de biens reste la finalité des entreprises manufacturières. Maîtriser et optimiser l'outil de production est nécessaire mais non suffisant dans une entreprise étendue. De fait, la concurrence réelle n'est plus entre les entreprises mais entre les réseaux logistiques. Un réseau (ou une chaîne) logistique est un ensemble d'installations reliées par des moyens de transport qui assurent les fonctions d'approvisionnement en matières premières, leur transport, leur transformation en composants puis en produits finis et la distribution du produit fini chez le client. Traditionnellement, les différents acteurs d'un réseau fonctionnaient indépendamment les uns des autres, chacun cherchant à maximiser ses intérêts. Et il en était de même pour les divers services d'une entreprise donnée. La réactivité demandée par le contexte actuel nécessite une gestion intégrée.
Conception et pilotage des réseaux logistiques
(L. Dupont, M. Dupuy, J. Lamothe, M. Lauras, J. Mahmoudi)
Aux problèmes classiques de gestion de production, qui restent d'actualité, s'ajoutent désormais les problèmes de conception et de pilotage de ces réseaux. Un réseau logistique fonctionne grâce à des mécanismes de coopération entre les partenaires. Par nature, ces mécanismes évoluent dans le temps du fait de contextes et/ou d'environnement instables. Pour saisir la dynamique d'évolution d'un réseau, il semble judicieux de chercher à définir les inducteurs de ce changement, d'analyser les effets de cette situation sur la gestion des réseaux et de proposer des outils de pilotage adaptés.
Dans la thèse de M. Lauras, cette question est abordée dans le cadre d'un secteur particulier, celui de l'industrie pharmaceutique et cosmétique. L'objet premier de l'étude est d'analyser le fonctionnement actuel de diverses chaînes logistiques, d'en déterminer les forces et les faiblesses et de faire ressortir les meilleurs pratiques dans un contexte donné. L'objectif final est d'utiliser cette connaissance pour préconiser le mode de pilotage futur de chaînes logistiques en constante évolution. Pour ce faire, plusieurs outils pratiques sont proposés et développés. Ces outils s'articulent autour d'une démarche structurante basée sur cinq temps forts :
- Observer (1) pour comprendre les modes de fonctionnement existant ;
- Classer (2) pour cibler et cataloguer les acteurs et leurs modes de relation ;
- Modéliser (3) et évaluer (4) pour représenter les modes de coopération et estimer leur performance ;
- Proposer (5) pour définir et tester les différentes solutions possibles.
La thèse de J. Mahmoudi s'intéresse au secteur de l'électronique (téléphone portable, ordinateur, etc.). Dans ce secteur, la gestion de l'information apparaît la cause principale des dysfonctionnements observés. La demande du marché final étant très peu prévisible, les informations remontant chez les fabricants de composants sont incertaines et par suite, peu ou pas prises en compte. En conséquence, les partenaires ont beaucoup de difficulté à prendre leurs décisions de planification, notamment sur l'augmentation ou la diminution de leur capacité de production. Pour les aider dans cette situation, nous cherchons à simuler le comportement dans le temps d'une chaîne logistique en intégrant :
- des incertitudes sur le comportement du marché et sur la fiabilité des processus de production ;
- une formalisation agrégée des processus de planification au niveau du Plan Industriel et Commercial (PIC), du Programme Directeur de Production (PDP), et de la gestion court terme des stocks ;
- des procédures d'échange d'information entre les différents partenaires du réseau&nsbp;;
- le comportement de décideurs face aux décisions d'augmentation ou de diminution de capacité, de lissage de capacité, de gestion de pénurie...
L'outil ainsi défini pourra avoir plusieurs utilisations. Premièrement, il aidera un acteur à évaluer les risques liés à ses décisions pour lui et pour le reste du réseau. Ensuite, il a une vocation pédagogique : aider les acteurs d'un réseau logistique à définir ensemble la nature des informations qu'il serait souhaitable de s'échanger et les procédures d'échange qui permettraient de progresser dans le cadre d'une relation gagnant-gagnant. Une première maquette de taille réduite à permis de valider l'approche. Un prototype de taille plus importante est en cours de développement.
Gestion de la production
(L. Dupont, M. Dupuy, J. Lamothe, P. Gaborit, F. Fontanili)
La rationalisation des outils de production reste d'actualité. La thèse de M. Dupuy porte sur l'amélioration de la réactivité de la production de médicaments et produits assimilés par l'optimisation du contrôle des matières et produits. Au cours de la dernière décennie, l'industrie pharmaceutique a connu des mutations extrêmement importantes qui ont obligé les entreprises pharmaceutiques à se regrouper et à optimiser leur gestion. Les processus de fabrication des produits, jusque là essentiellement focalisés sur le respect des bonnes pratiques pharmaceutiques ont dû, en sus, prendre en compte des critères économiques rigoureux. Les sites de production ont été spécialisés par forme galénique, ont progressivement acquis une dimension internationale et leur gestion a fait l'objet d'une modernisation grâce à la mise en oeuvre de logiciels, généralement modules de solutions intégrées (ERP).
Les activités de contrôle qualité, imposées tout au long du processus de production ont été assez peu considérées alors qu'elles représentent de façon courante entre le quart et le tiers du cycle de production. Il apparaît donc que la rationalisation de leur gestion permettrait des gains de temps importants.
L'objectif de cette thèse Cifre en collaboration avec la société P. Fabre est de faire un re-engineering de l'activité de contrôle, d'adapter les démarches d'amélioration continue développées dans d'autres secteurs industriels à cette activité, tout en respectant les spécificités propres à l'industrie pharmaceutique. Ce travail comprend une première partie méthodologique abordant des problématiques de modélisation du laboratoire de contrôle qualité au sein d'une usine de production pharmaceutique en intégrant les dimensions humaines, organisationnelles, techniques et de système d'information.
Une deuxième partie vise à définir des outils qui serviront de support aux prises de décision pour la gestion des chaînes chromatographiques. L'analyse de la flexibilité et de la réactivité de ces ressources a fait apparaître que l'ordonnancement des analyses sur les chaînes chromatographiques (CPG, HPLC) constituait un point bloquant. Ce problème généralise divers problèmes classiques de la théorie de l'ordonnancement, tous connus pour être NP-difficiles (machines parallèles, ressources complémentaires, temps de setup...). Deux méthodes de résolution ont été expérimentées sur des jeux de données proches de l'application industrielle : une heuristique basée sur des règles de priorité et une méta-heuristique de type recuit simulé.
La dernière partie s'intéresse à l'organisation globale des postes de contrôle physico-chimiques : paillasses et chaînes chromatographiques. La difficulté essentielle est liée à la diversité des analyses à effectuer et à la multiplicité des opérations requises par analyse. Des simulations sur le logiciel WITNESS, à partir de données du terrain, sont en cours pour mesurer divers schémas d'organisation possibles.
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